“Il est des Expériences…”
« Il est des expériences qu’un homme se doit de vivre. »
Une citation aussi primitive que dénuée d’intérêt et de sens profond, mais qui s’inscrit tellement bien dans l’anecdote qui va suivre. Car oui, nous l’avons fait. Nous avons transgressé la bienséance et ses dogmes de bonne conduite sociale, nous avons mis un pied, puis deux, puis notre âme toute entière derrière cette ultime frontières à la bestialité masculine et ses pulsions sourdes, derrière cette porte et son gardien peu aimable (comme tout bon videur se doit de l‘être). Nous avons pénétré et consommé dans l’antichambre de la luxure : nous sommes allé dans…
Un club de striptease !
Oui, et honnêtement, c’était bien.
Et quand je dis que c’est une expérience à vivre, je ne mens pas ; du moins je le pense. Les perceptions furent multiples et les ressentis se bousculèrent. Péjoratifs, mélioratifs et plus d’un adjectif en « if » se succédèrent dans mon esprit (comme attractif, peut-être légèrement addictif, mais certainement pas lucratif). Le spectacle se révéla la plupart du temps agréable. Excitant ? Certes, mais à peine, moins que je ne l’aurais cru. Vulgaire ? Pas vraiment, j’ai été surpris de lire des mouvements dignes d’une dance, acrobatiques et fluides, plutôt qu’une simple successions de dandinements du bassin et de pointes mammaires. Je pensais n’être qu’un prédateur en quête de chair fraîche, les pupilles étrécies, prêtes à tirer à blanc et abattre d’un regard abstrait la première proie mouvante. Pourtant, je me retrouvai à chercher la sensualité dans les ballets sulfureux, leur promesse suggestive de plaisir ; une fausse promesse, une comédie, un jeu dont l’inaccessibilité de la victoire et du dénouement espéré se voulaient étrangement enivrante. Frustrante… Mais enivrante. Pas d‘illusion possible, un client reste un client. On fait tout pour sortir du lot, mais même si l‘on y parvient, cette vérité tant convoitée reste hors de portée, grimée d‘attentions avenantes et d‘une reconnaissance de façade qui s’évertuent, quoi qu’il en soit, à nous le faire croire.
Puis parfois, on revient trop vite à la réalité. On passe d’un extrême à l’autre, d’un bien-être en gros plan, focalisé, étriqué et aveugle à une prise de conscience prématurée, un recul perdu à des années lumières et qui ne laisse plus rien distinguer. Alors on a l’impression de ne pas être à sa place, on peint en noir sa perception des corps impudiques et de l’affabilité hypocrite de ces femmes qui prostituent leur corps. On met en suspend ; on diabolise ; on s‘interroge. Ce sont peut-être ces revirements lunatiques qui permettent d’explorer une interrogation dans sa globalité. Je crois en tout cas, je l’espère, qu’ils furent pour moi propices à la recherche de l’opinion juste, à savoir que l’on vient chercher ce que l’on veut bien nous proposer, sans tromperie, sans faux-semblant. Selon moi, volonté et libre-arbitre sont les clefs d’un échange sain, quel qu’en soit la nature. Le contrat est clair, honnête et rempli, le menu est respectable : phéromones crues et pétales d’illusion sur leur lit de conscience implicite.
Plus concrètement, et pour ce qui est des dépenses, j’ai payé le prix d’entrée (15$), ai acheté deux cocas (3$ pièce) et, je vous avoue tout, un show privé (50$, mais on ne fait que regarder, il faut mettre le double pour toucher ^^). Ce qui nous fait 71$, soit 42,02 euros. Je m’attendais à beaucoup plus ; donc non lucratif, mais pas abusif non plus.
Sur ce, j’y retourne ! (ou pas) (ou si) (ou pas) (ou si) …





